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Pourquoi Facebook a-t-il décidé de lutter contre les articles de "clicbait"

Christian Neff
Christian Neff Lecture : 3 min - 02 septembre 2014

Le clicbait (ou clickbait) est une pratique très répandue sur Facebook qui consiste à inciter l’internaute à cliquer sur un lien (souvent douteux) grâce à un titre sensationnel. Cette méthode utilisée régulièrement par la presse people, a été détournée pour faire du profit sur les revenus publicitaires, grâce à des clics obtenus par la promesse d’une vidéo ou d’une info épatante. Alors que souvent, il n’en est rien.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Facebook autorisait encore ce genre de pratique et la laissait impunément apparaître dans les fils d’actualité, jusqu’à ce qu’un journaliste décide de faire un test étrange. Ce dernier s’est décidé, pendant 48 heures, à  liker tous les statuts qu’il voyait passer dans son fil d’actualité. Aussi bien ceux de ses amis que ceux des marques qu’ils suivaient ou des publications sponsorisées. Le résultat fut étonnant.

Le journaliste qui likait tout

Facebook se base sur un algorithme précis pour faire remonter, ou pas, des informations dans votre timeline. Ainsi, plus vous interagissez avec un ami ou avec une marque, plus vous verrez ses informations en première ligne. À l’inverse, les amis ou pages que vous délaissez seront moins mis en avant chez vous.

Mat Honan, journaliste chez Wired, a voulu voir comment Facebook interpréterait le fait de tout aimer. À une publication près relatant le décès d’un proche, il a donc tout liké pendant 48 heures. Ce qui a visiblement fait perdre tout l’intérêt de Facebook et l’a plongé dans un abîme de publications dénuées de toute pertinenceQuand vous aimez un article sur le réseau social, celui-ci fait immédiatement apparaître une liste d’articles similaires. Mat Honan a vu son fil envahi de ses propositions connexes, prenant peu à peu la place des publications de ses amis. À la fin, il ne voyait plus du tout les statuts « humains ».

Les publications de ferme de contenus et celles de sites comme Buzzfeed, qui sont uniquement destinées à générer des revenus publicitaires, ont pris la place de tout le reste. Pire encore, même le fil d’actualité de ses amis s’est retrouvé envahi des publications que Mat Honan avait aimées, troublant ainsi leurs propres interactions sur Facebook.

Facebook entre en guerre

Le réseau social a bien entendu été averti du test réalisé par le journaliste et des retombées. Bizarrement, peu de temps après cette petite expérience, Facebook annonce qu’il va désormais lutter contre les pages provocantes, dont l’unique objectif est de générer des revenus publicitaires avec du contenu racoleur. Évidemment, le géant américain n’a pas avoué que l’expérience de Mat Honan était au cœur de cette décision, mais il est légitime de penser qu’il y a un lien de cause à effet.

Alors, qu’est-ce qui va changer à l’avenir sur Facebook ? Le réseau social va affiner son algorithme pour lui permettre de mieux repérer les publications racoleuses, qui obéissent souvent au même format : des mots-clés incitant au clic, des tournures interrogatives, de nombreux points d’exclamation, etc.

Il va également prendre en considération le temps passé sur le lien. Plus un internaute restera sur l’article, mieux il sera coté. À l’inverse, si l’utilisateur ressort aussitôt du site, Facebook en déduira que le contenu est de mauvaise qualité. Autre critère pris en compte : le nombre d’interactions par rapport au nombre de clics. Ainsi, si de nombreux internautes cliquent sur le lien, mais ensuite ne le commentent pas, ne le partagent pas ou ne le likent pas, Facebook considérera que c’est un article sans qualité et fera donc baisser sa portée.

Enfin, dernière information plus étonnante concernant cette lutte contre les publications racoleuses : les liens vont de nouveau être privilégiés, plutôt que les photos avec une légende comportant une URL.

Pour le moment, nous n’avons pas de date précise du lancement de cette opération de nettoyage. Facebook indique seulement que les pages s’adonnant à ce type de pratique se verront punies dans « les prochains mois ».

Avec ces différents changements basés sur l’expérience de Mat Honan, ce sont encore les community managers qui vont s’arracher les cheveux ! Depuis ces derniers mois, Facebook ne cesse de faire évoluer son algorithme pour personnaliser au maximum les fils d’actualité de ses utilisateurs et revenir à son aspect social en baissant la portée des pages (sauf évidemment pour celles qui paient). Néanmoins, il est difficile de désapprouver le déclassement des contenus volontairement racoleurs, sans valeur ajoutée. Au contraire, cela laisse de la place aux entreprises et médias qui jouent le jeu de la qualité et proposent à leurs abonnés des articles pertinents. Outre le fait de payer bien entendu, le meilleur moyen pour valoriser ses contenus reste de publier des articles avec un véritable aspect informatif, qui intéressent particulièrement sa cible et invitent naturellement à l’interaction.

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